En Creuse, la locomotive c’est le football féminin

Le football féminin peut se vanter de tirer vers le haut la pratique en Creuse. Là où la section masculine peine à accrocher le gratin national, la constante progression des filles pourrait leur permettre d’affronter, à moyen terme, les meilleures formations du pays.

Qui a dit que le football féminin n’intéressait personne ? En Creuse, les femmes se passionnent effectivement pour le sport numéro 1 en France puisqu’avec 592 licenciées – pour 5145 au total – le pourcentage de joueuses est de 11,5%. Un chiffre validé par des résultats plus qu’intéressants et meilleurs que ceux des hommes.

« Il y a une vraie complémentarité entre le football féminin
et masculin »

La section féminine de l’Entente sportive guéretoise a survolé son championnat lors de la saison 2018-2019. Engagées au troisième échelon national, le Régional 1, les filles de la capitale creusoise ont terminé premières. Avec quatorze victoires, deux nuls et deux petites défaites, elles se sont qualifiées pour le barrage d’accession en deuxième division, le championnat national. Malheureusement l’AS Chatenoy l’a emporté et a brisé les velléités hexagonales de l’ES Guéret (0-2, 0-2), pour l’instant et même si la marche est haute entre le Régional 1 et la Division 2.

« Une montée au niveau supérieur serait un peu utopique dans les conditions actuelles. Tout n’est pas réuni pour que ce soit le cas, il reste des étapes à franchir »

Bernard Debellut, coprésident de la section féminine de Guéret.

Du côté de son président, Guillaume Viennois, l’enthousiasme est cependant de rigueur. « Ce qui se passe actuellement est absolument génial, lance-t-il. Nous avons de bons résultats à tous les niveaux, chez les filles, il faut que ça vive. Il y a une vraie complémentarité des pratiques féminine et masculine, une dynamique. » Le club principal du département pourra s’appuyer sur son solide effectif avec 90 licenciées et un vrai vivier de jeunes pouvant apporter, sur le moyen et long terme la petite touche manquante pour faire partie de l’une des divisions nationales.

Deux figures de proue du football féminin

L’ES Guéret n’est pas le seul club à participer au rayonnement de la pratique féminine dans le département. A 40km de là, La Souterraine brille également. Tout récemment passée au football à 11 après avoir évolué à 8, la formation creusoise a largement réussi son pari. En étant championnes de D1 Interdistricts, les joueuses ont gagné le droit d’évoluer en R2 la saison prochaine, soit le quatrième échelon national. De quoi satisfaire Mylène Guitard, entraîneure, joueuse mais aussi coprésidente de la section féminine du département. « Se rapprocher de Guéret, pourquoi pas, après ce que l’on veut c’est se maintenir pour longtemps au niveau régional. »

Deux places fortes du football féminin creusois qui constituent une belle locomotive pour le sport en général dans le département. Les résultats des hommes sont effectivement un peu moins bons. Guéret vient d’être relégué en Régional 2 (7e division masculine), tandis que sa réserve évolue en R3. Quatre autres formations prendront le départ des championnats régionaux : Gouzon Avenir, l’ESM La Souterraine (R2), Boussac et Aubusson (R3). Un petit décalage que Guillaume Viennois explique simplement.

« Il faut savoir qu’il y a bien plus d’équipes chez les garçons, donc la tâche est plus compliquée que chez les filles »

Guillaume Viennois, président ES Guéret

Pourtant, au District, on se satisfait largement des résultats positifs des formations féminines creusoises. Et notamment Philippe Lafrique, le président depuis 27 ans, auparavant à la tête de la section naissante des joueuses. « On peut dire que le football féminin est une locomotive de ce sport en Creuse. C’est assez inédit, c’est sûr, de notre côté on boit du petit lait. Depuis le temps qu’on s’en occupe, cela prouve qu’on était dans le vrai. »

Le Groupama Stadium sera le théâtre de la finale et des demies du Mondial féminin de football.

Une mise en avant promue par la Fédération française de football qui accorde des packs aux licenciés des différents districts afin d’aller assister à des rencontres de la Coupe du Monde. « Les territoires ruraux n’ont pas été oubliés pour le Mondial et c’est une très bonne chose », se satisfait la coprésidente de la section féminine creusoise, avant de poursuivre. « Un titre des Bleues serait forcément un énorme coup de pouce pour nous, cela nous ramènerait de nouvelles joueuses et continuerait l’ancrage de la pratique en Creuse. »

À Amandine Henry et ses coéquipières de remplir la mission à présent, le football féminin ne pourra en ressortir que plus fort.

Lucas Robelin
Lucas Robelin

Journaliste @ESJPro Ancien de @SportsAuvergne
& @lamontagne_15 Lyon


Cet article a été initialement publié sur le blog de l’ESJ Pro Montpellier.

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